Nation building isn’t just about speed—it’s about vision

June 18, 2025
Bill C-5 is walking backwards into the future if it aims to support an outdated and expensive fossil fuel industry while moving in the direction of more climatic and environmental breakdown.
Trans Mountain protest

This opinion was originally published in The Hill Times, June 11, 2025.

A French version follows.

I’m writing on behalf of the heads of Canada’s largest environmental organizations, including WWF Canada, Environmental Defense, CPAWS, Équiterre, Greenpeace Canada, Sierra Club Canada, West Coast Environmental Law, Nature Canada, The David Suzuki Foundation, and Stand.earth.

Prime Minister Mark Carney has responded to the imminent threat posed by U.S. tariffs with decisive action in the form of the Building Canada Act and we felt it was urgent to respond as one voice.

At its core, the Act aims to fast-track infrastructure deemed in the “national interest.” But without a clear definition of what that interest is—and without the proper safeguards—it risks repeating the ecological and social failures of Canada’s past.

Faster does not mean better.

Bill C-5 is walking backwards into the future—if it aims to support an outdated and expensive fossil fuel industry while moving in the direction of more climatic and environmental breakdown. This would leave us open to repeating the grave mistakes of the past, ecological and human disasters such as DDT, leaded gasoline, mercury poisoned rivers, fisheries collapses, the Sydney tar ponds, numerous mine disasters, and climate-harming methane and CO2 emissions.

A “One Canadian Economy” must defend nature, reinforce environmental and climatic protection, and embrace renewable energy. This new vision for prosperity recognizes that these are the foundation to national security and sovereignty. What we build is just as important as how we build it and will define Canada’s economic and ecological legacy.

What if nation building looked like…

A modernized, east-west electricity grid connecting Canadians with clean, reliable power—reducing emissions, lowering costs, and ensuring energy independence.

High speed rail, starting with  high-speed rail links between Calgary and Edmonton, and Windsor and Quebec, built in partnership with Indigenous Nations. This will unlock new corridors of economic activity while cutting pollution.

Expanded public transit services to serve rural and remote communities that have, for too long, been left out in the cold regarding affordable, sustainable, and safe ways to get around.

Building new, energy efficient homes on a massive scale using durable low-carbon building materials made in Canada and investing in heat pump manufacturing or assembly plants which will create thousands of new jobs.

Turning Canada into a renewable energy superpower—not a petrostate—means investing in the solar, wind, geothermal, and storage projects that communities want, located in places that avoid sensitive ecosystems and species and respect the ecological limits of ecosystems already strained by past industrialization. It means nature-based climate solutions, like restoring wetlands, forests, agricultural lands, and peatlands that protect biodiversity while absorbing and trapping carbon.

These are the kinds of projects Canadians want their tax dollars to support—bold, transformative, and forward-looking. We have a rich legacy of public investments that changed our country for the better. Projects that defend what we love while preparing us for what’s next. We can show the world what acts of collective imagination and long-term thinking can achieve.

Today, with climate disasters escalating—wildfires forcing evacuations, choking cities with smoke—there is no room for short-sighted decisions that gamble with our future. So if nation building means steamrolling environmental protections and sidelining Indigenous rights, it’s not progress—it’s a step backward.

As it stands, the federal government’s proposed Building Canada Act risks being little more than a focused attack on environmental safeguards and democratic process to further corporate interests.

Bill C-5, as introduced in the House of Commons on June 6th, gives Cabinet broad authority to designate “national interest” projects and rush them through, circumventing multiple environmental laws—including the Species at Risk Act, Fisheries Act, and Canadian Environmental Protection Act. This is contrary to the rule of law.

If the bill passes as is, it threatens to silence science, weaken public oversight, and ignore Indigenous rights. Promising “consultation” while fast-tracking approvals is not reconciliation. It’s disingenuous regression.

The bill’s approach is rooted in an outdated idea of progress. If the goal is to build faster, the answer isn’t fewer rules—it’s applying our time-tested, evidence-based rules to help identify win-win projects that move quickly because they are true to scientific and health evidence, and align with our values and environmental goals, not in spite of them.

Prime Minister Carney, his Cabinet, and Parliament still have time to fix Bill C-5 and deliver a vision of nation building that reflects who we are as Canadians: people who care about clean air and water, who respect Indigenous rights, and who know that real prosperity can’t come at the cost of nature.

The opportunity is now, and it is massive. Let’s build a country our grandchildren will be proud to inherit—not just for the roads and railways we lay down, but for the wild rivers that still run free beside them.

 

French version:

Le projet de loi C-5 est un pas en arrière s’il vise à soutenir une industrie des énergies fossiles dépassée et coûteuse tout en se dirigeant vers une plus grande dégradation du climat et de l’environnement.

Je vous écris au nom des dirigeant.e.s des plus grandes organisations environnementales du Canada, notamment le WWF Canada, Environmental Defence, Équiterre, Greenpeace Canada, Sierra Club Canada, West Coast Environmental Law, Nature Canada, la Fondation David Suzuki et Stand.earth.

Le Premier ministre Mark Carney a réagi à la menace imminente que représentent les droits de douane américains en prenant des mesures décisives sous la forme de la Loi visant à bâtir le Canada, et nous avons estimé qu’il était urgent et nécessaire de réagir d’une seule et même voix.

Essentiellement, ce projet de loi vise à accélérer la mise en place d’infrastructures jugées d’« intérêt national » pour le Canada. Mais sans une définition claire de cet intérêt – et sans les garanties appropriées – on risque de répéter les échecs écologiques et sociaux du passé.

Plus vite ne veut pas dire mieux.

Le projet de loi C-5 est un pas en arrière s’il vise à soutenir une industrie des énergies fossiles dépassée et coûteuse tout en se dirigeant vers une plus grande dégradation du climat et de l’environnement. Nous risquons ainsi de répéter les graves erreurs du passé, les catastrophes écologiques et humaines telles que le DDT (article en anglais), l’essence au plomb (source en anglais), les rivières empoisonnées au mercurel’effondrement des pêcheries, les étangs bitumineux de Sydney (source en anglais), les nombreuses catastrophes minières (article en anglais) et l’augmentation des émissions de méthane et de dioxyde de carbone qui nuisent au climat (étude et reportage en anglais).

L’« Unité de l’économie canadienne » doit défendre la nature, renforcer la protection de l’environnement et du climat et prioriser les énergies renouvelables. Cette nouvelle vision de la prospérité doit reconnaître que ces éléments constituent le fondement de la sécurité et de la souveraineté nationales. Ce que nous bâtissons est tout aussi important que la manière dont nous le faisons, et définira l’héritage économique et écologique du Canada.

Et si la construction d’une nation ressemblait à…

  • Un réseau électrique est-ouest modernisé, reliant les personnes vivant au Canada à une énergie propre et fiable, réduisant les émissions, abaissant les coûts et garantissant l’indépendance énergétique.
  • Des trains à grande vitesse, en commençant par des liaisons entre Calgary et Edmonton, et entre Windsor et le Québec, construites en partenariat avec les nations autochtones. Cela permettra d’ouvrir de nouveaux corridors d’activité économique tout en réduisant la pollution.
  • L’extension des services de transport en commun pour desservir les communautés rurales et éloignées qui ont trop longtemps été laissées pour compte en ce qui concerne les moyens de transport abordables, durables et sûrs.
  • Construire massivement de nouvelles maisons écoénergétiques en utilisant des matériaux de construction durables à faible teneur en carbone fabriqués au Canada et investir dans des usines de fabrication ou d’assemblage de thermopompes, ce qui créerait des milliers d’emplois.

Faire du Canada une superpuissance en matière d’énergies renouvelables – et non un état pétrolier – signifie investir dans les projets solaires, éoliens, géothermiques et de stockage souhaités par les communautés, situés dans des lieux qui épargnent les écosystèmes et les espèces sensibles et respectent leurs limites écologiques, déjà mises à rude épreuve par l’industrialisation passée. Cela signifie des solutions climatiques basées sur la nature, comme la restauration des zones humides, des forêts, des terres agricoles et des tourbières qui protègent la biodiversité tout en absorbant et en piégeant le carbone.

Voilà le genre de projets que les personnes qui vivent au Canada veulent voir financés par leurs impôts : audacieux, transformateurs et tournés vers l’avenir. Nous avons un riche héritage d’investissements publics qui ont changé notre pays pour le mieux. Des projets qui défendent ce que nous aimons tout en nous préparant à l’avenir. Nous pouvons montrer au monde ce que l’imagination collective et la réflexion à long terme permettent de réaliser.

Aujourd’hui, face à l’escalade des catastrophes climatiques – feux de forêt obligeant à des évacuations, étouffement des villes par la fumée –, il n’y a pas de place pour des décisions à courte vue qui mettent en jeu notre avenir. Par conséquent, si la construction d’une nation implique de passer outre les protections environnementales et de mettre à l’écart les droits des populations autochtones, il ne s’agit pas d’un progrès, mais d’un retour en arrière.

En l’état, la Loi visant à bâtir le Canada proposée par le gouvernement fédéral risque de n’être guère plus qu’une attaque ciblée contre les mesures de protection de l’environnement et les processus démocratiques, dans le but de favoriser les intérêts des entreprises.

Le projet de loi C-5, tel qu’il a été présenté à la Chambre des communes le 6 juin, confère au cabinet un large pouvoir pour désigner des projets « d’intérêt national » et les faire adopter sous bâillon, en contournant de nombreuses lois environnementales, notamment la Loi sur les espèces en péril, la Loi sur les pêches et la Loi canadienne sur la protection de l’environnement. Cela est contraire à l’État de droit.

Si le projet de loi est adopté en l’état, il risque de réduire la science au silence, d’affaiblir la surveillance publique et d’ignorer les droits des populations autochtones. Promettre la « consultation » tout en accélérant les approbations n’est pas une réconciliation. Il s’agit d’une régression trompeuse.

L’approche du projet de loi est ancrée dans une idée dépassée du progrès. Si l’objectif est de construire plus rapidement, la solution n’est pas de réduire le nombre de règles, mais d’appliquer nos règles éprouvées, fondées sur des preuves, pour aider à identifier des projets gagnants qui avancent rapidement parce qu’ils sont conformes aux preuves scientifiques et sanitaires et qu’ils s’alignent sur nos valeurs et nos objectifs environnementaux, et non pas en dépit d’eux.

Le premier ministre Carney, son cabinet et le Parlement ont encore le temps de corriger le projet de loi C-5 et de proposer une vision de l’édification de la nation qui reflète ce que nous sommes en tant que personnes qui vivons au Canada : des gens qui se soucient de la pureté de l’air et de l’eau, qui respectent les droits des autochtones et qui savent qu’une véritable prospérité ne peut pas se faire au détriment de la nature.

L’occasion se présente maintenant, et elle est considérable. Construisons un pays dont nos petits-enfants seront fiers d’hériter, non seulement pour les routes et les voies ferrées que nous traçons, mais aussi pour les rivières sauvages qui coulent encore librement à leurs côtés.

Contributors: Maggy Burns (Ecology Action Canada Executive Director), Jessica Clogg (West Coast Environmental Law Association Executive Director & Senior Counsel), Christy Ferguson (Greenpeace Canada Executive Director), Gretchen Fitzgerald (Sierra Club Canada Executive Director), Tim Gray (Environmental Defence Executive Director), Megan Leslie (WWF Canada president and CEO), Liz McDowell (Stand.earth Senior Campaigns Director), Emily McMillan (Nature Canada Executive Director), Linda Nowlan (interim Executive Director, David Suzuki Foundation), Colleen Thorpe (Équiterre Directrice générale)